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Kitsune's Guide to French Gamers KitsuneGuide
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Founded
June 8, 2015
Language
French
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Découvertes #43 Janvier 2025
Ce mois-ci, non pas un, mais deux J-RPG ! Ca y est je suis sur ma lancée, et j'ai même envie d'en faire d'autres. C'est sûr, dans 6 mois, je parle japonais couramment ! :winter2019coolyul: Bon, s'agissant d'un genre généralement chronophage, je n'ai pas testé grand chose à côté. Je me suis procuré House Flipper 2, histoire de coller du papier peint et de jouer à IKEA quand j'ai besoin d'une pause de japon(i)aiseries. Je vous en parle prochainement.

Comme toujours, ces avis sont sans spoil
.

Tales of Arise :steamthumbsup:
Temps de jeu : 77h45 / Terminé : Oui / Quêtes annexes : Terminées (sauf la pêche)
https://store.steampowered.com/app/740130/Tales_of_Arise/
Il parait que Tales of Arise est une parfaite introduction à cette très longue série de jeux vidéo. Il parait aussi que j’aime plutôt bien les J-RPG et que j’apprécie d’y retrouver des thèmes caractéristiques du genre tels que l’aventure, le voyage, une histoire riche et captivante ainsi qu’un groupe de compères attachants et bien écrits. Voyons voir si la recette est réussie…

Au niveau de l’histoire, je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais j’ai assez vite réalisé que le scénario prenait une voie sans surprises. On nous relate l’histoire de deux royaumes ennemis, Rena et Dahna, l’un ayant asservi l’autre depuis 300 ans et l’autre cherchant à se rebeller et à faire tomber les têtes des cinq seigneurs de l'envahisseur. Bon, à partir de là se dessine déjà dans nos têtes le cheminement entier du jeu, à savoir visiter cinq zones et combattre les-dits seigneurs. J’ai vu plus profond et plus original et bien que les thèmes abordés soient sombres et durs (esclavagisme, racisme…), ils n’ont pas le même impact et la même profondeur que dans d’autres œuvres que j’ai pu tester.
Et ça, c’est que j’avais écrit après 17h de jeu. Ensuite, à mon grand étonnement, le jeu a pris une tournure plus palpitante avec une histoire plus nuancée, moins manichéenne et franchement ma critique initiale a volé en éclats. Les 15-20 premières heures sont donc presque à prendre comme un prologue, un acte 1, dans une épopée dont les enjeux ne se dévoilent qu’ensuite.

Les combats sont très dynamiques, presque trop, au point que je me perdais totalement dans l’action par moments. Il est vrai que je suis plus habituée aux J-RPG à l’ancienne au tour par tour et non pas que ceux-là aient ma préférence mais j’ai rarement fait des J-RPG avec des affrontements de ce type (principalement FFXV en réalité). Le style de Tales of Arise, très caractéristique d’une production japonaise, veut que les personnages parlent tous en même temps durant les combats, chacun y allant de son cri d’encouragement ou de mise en garde en plus de son incantation magique. C’est cacophonique. Si vos oreilles étaient déjà surmenées, vos yeux suivent le mouvement également. Les flashs lumineux se suivent les uns après les autres. Un éclair rouge, un sort de feu, bam un personnage réalise une attaque bonus en gros plan, un sort d’eau, un éclair vert, et hop un personnage passe en “hors limites” et réalise une attaque spéciale, allez encore un sort qui remplit l’écran et bim, une attaque combinée vient achever nos rétines dans une apothéose visuelle et sonore sans précédent.

Autant la mise en scène est spectaculaire et les possibilités sont nombreuses entre les multiples attaques disponibles à l’achat dans l’arbre de compétences, les frappes bonus propres à chaque personnage et ayant chacune un rôle défini (interrompre une attaque magique, briser un bouclier, mettre à terre les ennemis volants…) et les attaques combinées réalisables en duo, autant il est difficile d’y voir clair et j’aurai aimé avoir des séquences tuto en solo qui me permettraient de bien comprendre le système. En groupe de quatre, il est difficile d’apprécier les dégâts qu’on fait et si les attaques sont bien efficaces. Longtemps j’ai tâtonné dans le jeu qui n’est d’ailleurs pas si facile que ça, et j’ai dû faire des efforts pour apprendre le style de combat de chaque personnage si je souhaitais varier l’expérience.
Afin de m’éviter trop de prises de chou j’ai choisi de jouer en mode Histoire, un mode que je qualifierai plus de mode Facile que de mode Histoire à proprement parler car les combats sont tout autant présents et les ennemis, notamment les boss, restent des sacs à PV comme dans les autres modes de difficulté. Jouer ainsi dispense toutefois de faire trop de farm pour monter en niveau. Combattre tous les ennemis d’une zone la première fois qu’on la découvre suffit à ne pas être trop largué face aux boss. Toutefois, vous serez encouragés à faire plus de combats malgré tout car les ennemis rencontrés auront toujours quelques niveaux de plus que vous dans le cas contraire (et les combats s'éterniseront).
Point à souligner, j'ai trouvé dommage que l'épée ardente, pourtant au cœur du scénario et élément central faisant la force de notre personnage, ne soit pas mieux exploitée en combat. Sachant que celle-ci coûte des points de vie à l'utilisation et que le groupe partage une jauge de points de soin commune, l'utiliser demande de puiser dans cette jauge et de mettre en péril le groupe. Aussi, ses dégâts ne sont pas assez conséquents pour qu'on ne la relègue pas au rang de simple décoration.

Visuellement, le jeu mélange le Cel Shading avec une touche de peinture à l’aquarelle, visible notamment sur les panoramas dont les traits se devinent au fur et à mesure qu’on s’en approche. Les paysages sont jolis et certaines villes sont vraiment splendides grâce également à un choix judicieux de couleurs chatoyantes. Le character design quant à lui est très typé manga. Parfois ça passe, parfois non et pour certains personnages je penche plus vers le non. J’ai trouvé les héros plus réussis sur les séquences animées que sur le rendu du moteur de jeu. Le traitement des PNJ grossit là encore le trait et rejoint l’impression générale de manga classique. Sur ce point-là, c’est vraiment une affaire de goût.

Le jeu est globalement linéaire, même si vous pourrez revenir dans des zones explorées précédemment pour faire des quêtes annexes. La construction du titre est classique, avec des petites cartes qui se suivent, quelques chemins annexes mais globalement la route est tracée. Ce n’est pas pour me déplaire, je n’ai parfois pas l’envie ou le courage de me farcir un monde ouvert répétitif et sans fin. Ici, l’impression d’avancer et de voyager est continuellement présente, les zones s'enchaînent, l’histoire aussi et cela fait du bien de ne pas avoir de moments de creux où l’on erre pour faire de l’XP et looter des coffres sans intérêt. Certes sur la fin du jeu, si vous comptez faire la plupart des quêtes secondaires, attendez-vous à des moments plus mous car elles sont rarement intéressantes et consistent principalement à aller chasser du boss optionnel (sans en connaître le niveau par avance, c’est à chaque fois la surprise).

La musique quant à elle est très belle, très épique, avec des chœurs et une orchestration majestueuse. Mon sentiment cependant est que sur certaines séquences, notamment lors de l’exploration, la musique était presque trop épique, j’aurai aimé des thèmes plus calmes qui occupent moins de place. Cette impression s’est nuancée par la suite, j’ai l’impression que le paquet a été mis sur le premier royaume, pour happer le joueur dans l’action effrénée du titre.

Pour nuancer le propos, Tales of Arise est loin d’être parfait. Le jeu se perd parfois en de longues phases d’histoire très verbeuses, toutefois pour qui joue à des J-RPG, cela ne sort pas vraiment de l’ordinaire. Beaucoup de scènes sont optionnelles et servent à nourrir les relations entre chaque personnages en évoquant des sujets aussi insignifiants qu’un caillou dans la chaussure à des réflexions plus sérieuses. Ça sonne parfois creux, la traduction depuis le japonais sonnant toujours comme du dialogue “pour ne rien dire”, mais ce n’est pas propre à ce jeu et ce n’est rien qui sort de l’ordinaire pour un fan du genre. À d’autres moments, c’est le combat qui prend le pas sur les dialogues, et quand s'enchaînent moult affrontements de sacs à PV d’affilée, cela a quelque chose d’usant. Mention spéciale pour le dernier quart du jeu qui, après avoir introduit des révélations qui m'ont fait me dire que l'histoire partait un peu trop loin, nous fait ensuite arpenter un donjon très long, bourré de mobs de haut niveau. La fin perd ainsi un peu en saveur.
Un autre défaut pour la route : les développeurs ont très certainement buffé les mobs et nerfé nos coups (dommage, si nos attaques sont spectaculaires mais qu'elles font pschitt à l'impact cela perd en intérêt) dans le but de vendre des pack de niveaux. Oui, vous pouvez acheter de quoi prendre 10 niveaux d'un coup (et plus si vous le souhaitez).

En somme, il m’est impossible de juger de l’évolution et du nouvel essor que prend la série des Tales of avec cet opus. Alors que j’avais le sentiment que ce J-RPG serait juste bon sans être mémorable, j’ai changé d’avis après quelques heures de jeu et suis ensuite restée happée par l’univers mis en place. Arise ne manque pas de qualités et il a clairement bénéficié d’un traitement soigné, autant pour ses environnements charmants, que sa bande-son réussie et son système de combat dynamique. Une réelle volonté de moderniser le J-RPG se fait sentir et il semble que la licence soit sur une bonne voie si c’est la direction qu’elle souhaite prendre. Pour ma part, j’ai vraiment apprécié cette entrée en matière dans l’univers des Tales of et je vais m’essayer avec joie à un opus plus ancien pour m’en faire une idée plus représentative.
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Persona 3 Reload :steamthumbsup:
Temps de jeu : 131h / Terminé : Oui / Quêtes annexes : Terminées (Episode Aigis compris)
https://store.steampowered.com/app/2161700/Persona_3_Reload/
Il est facile de s’y perdre en essayant de comprendre les différentes versions de Persona 3. Outre sa version d’origine, “vanilla” comme on dirait, le jeu a eu droit à une version FES à l’instar de Persona 5 Royal pour le 5ème opus, puis à une version Portable adaptée à la PSP. Si FES venait ajouter du contenu à la version de base, Persona 3 Portable (P3P) venait modifier le jeu et l’adapter au nouveau médium (phases en point & click, possibilité de contrôler tout le groupe en combat…). Aussi, P3P permettait d’incarner un personnage féminin, ce qui modifiait quelque peu l’histoire et les relations entre les personnages. Les fans réclamaient donc une version ultime de P3, regroupant l’histoire entière affublée de son épisode bonus “Episode Aigis: The Answer” sorti dans FES, incluant les combats tels que revus dans P3P et proposant des phases de jeux telles que pensées pour le jeu d’origine, en remplaçant les phases fixes de point & click par des phases plus dynamiques.
P3P était une bonne version du jeu mais aujourd’hui les contraintes techniques ne faisaient plus trop sens sur nos machines actuelles. En 2024, Atlus se décide enfin à donner aux fans ce qu’ils veulent en sortant Persona 3 Reload, un remake complet du jeu. Pourtant, celui-ci ne reprend pas certaines features chères aux joueurs comme la protagoniste féminine. De plus, dans sa version day one, le jeu n'inclut pas l'épisode Aigis. Qu’à cela ne tienne, Atlus le sortira quelques mois plus tard, non sans demander aux joueurs de repasser à la caisse (oui, oui, même pour ceux ayant lâché 100€ pour la Premium Edition). Allez, hop, c’est 35€. Atlus ne cessera jamais de m’épater à ce niveau-là.

Pour ma part, j’ai découvert la série avec Persona 5 Royal que j’ai beaucoup apprécié mais je ne dirai pas pour autant que j’en suis une fan inconditionnelle. Je pense que, comme moi, de nombreux joueurs ont pris la porte d’entrée P5 vers cette série et qu’ils sont une cible directe du remake, reprenant l’esthétique travaillée du volet précédent. Mes remarques sur le jeu ne tiennent donc pas compte des ajouts/manquements par rapport aux autres versions de P3 mais plus de ma découverte du titre après avoir testé P5.

Visuellement, il y a un pas en avant. P5 est souvent évoqué à juste titre quand on parle d'interface stylisée et de menus léchés. Or, ici, le côté plus épuré de P3 Reload a eu gain de cause à mes yeux. J’ai préféré ses barres de vie minimalistes à celles en forme de cœurs de P5, tout comme j’ai préféré l'affichage du HUD avec une police plus simple. C'est propre sans en faire des tonnes. Quand je revois P5, je trouve que cela prend trop de place, cependant cela collait au style voulu et on s'y faisait rapidement.

Côté histoire, P3 est un peu lent à démarrer et je sens déjà que les habitués de P5 les plus impatients vont se lasser. En début de partie la redondance des journées et le peu d’activités et de confidents disponibles tranche complètement avec notre emploi du temps bien rempli de milieu de partie, où l’on ne sait plus où donner de la tête. Ayant appris ma leçon avec P5, j’ai cherché à optimiser au maximum mes journées afin de bien monter les relations avec chaque confident dans les temps. Se lance alors une course effrénée (pour ma part en tout cas), où je cherchais à enchainer les jours simplement parce que je voulais voir la résolution dans les temps des micro objectifs que je m’étais fixés.
Le scénario, assez sombre, et nos personnages, tous liés de près ou de loin à des évènements traumatisants, auront de quoi nous tenir en haleine une fois qu’on pousse un peu et qu’on se laisse le temps de rentrer dans l’histoire. C’est un J-RPG, je ne m’attends jamais à être captivée dans les premières heures de jeu, servant généralement à l’exposition de l’univers et des enjeux (sans compter l’habituel florilège d’écrans de tutoriel…).

La partie action sera le plus grand frein à l'appréciation du jeu par les anciens joueurs de P5. Dites adieu aux palais avec un level design varié et inventif, ici on enchaîne les étages redondants d'une tour avec pour seule nouveauté quelques styles et décors différents par paliers. Pourtant, cela ne m'a pas trop dérangée. Je me souviens avoir trouvé les palais de P5 assez longs par moments et en voir le bout me faisait du bien. Je rappelle que j'ai mis 170h à terminer P5, ce qui joue également sur mon sentiment que l'aventure était prenante mais usait un peu trop ma patience.

Bien sûr, ce P3 n'a pas la mise en scène et la variété grandiloquente de P5, toutefois, j'ai trouvé celui-ci plus digeste, plus abordable. J’ai aimé son histoire et les thèmes abordés, malgré quelques longueurs et quelques dialogues creux dont souffrent également ses pairs (Persona comme bon nombre d’autres J-RPG), son système de combat est efficace et ne dépaysera pas les habitués du genre, quant à son OST, elle est toujours aussi bonne (malgré que les thèmes tournent trop en boucle). En somme, j’ai vraiment aimé ce Persona 3 Reload, même si ce n’était pas gagné sur ses 10 premières heures. Pour un nouveau venu, je conseille tout de même de commencer par le 5ème volet, histoire de voir si le genre vous parle. Je ne dirai toutefois pas que ce dernier lui est réellement supérieur et si l'on regarde les choses dans l’ordre, P5 n’est ce qu’il que parce que P3 a ouvert la voie ayant permis à Atlus de réinventer le J-RPG.

PS : un petit mot sur l’épisode Aigis qui été offert aux abonnés Game Pass (une vraie surprise, généralement l’abonnement ne comprend pas les DLC), ce qui m’a permis de le tester.
https://store.steampowered.com/app/2689210/Persona_3_Reload__pass_dextension/
Quel est le point fort de P3 ? Son scénario ? Et son point faible ? Son donjon répétitif et très long ? Bien, donc ce DLC doit nous apporter du scénario, n’est ce pas ? En plus son nom américain à l’origine était bien “The Answer”, non ? Eh bien non, le DLC est un énième donjon d’une trentaine d’heures avec des miettes de scénario jetées par-ci, par-là. Pour couronner le tout, des compétences et des niveaux ont été perdus, a priori c’est pas comme le vélo, après un mois sans combat l’équipe s’est ramollie et a tout oublié. Quoi ? Mazionga ? Connaît pas. Samarecarm ? Parle japonais steup. Si on arrivait encore à supporter l’opérette de la chambre de velours ou les phrases assénées en boucle par la navigatrice, là le vase déborde.
“Ah ! Takarabako ga arimasu !” Mais je l’ai vu le takarabako (coffre) ! Je l’ai vu ! J'ai eu une énième cutscene qui me l’a montré, tais toi enfin !
La pauvre, elle en prend pour son grade, mais Futaba dans P5 ou Figue dans l’immonde Soul Hackers 2 ont trop tiré sur la corde. Tant pis Fuuka, tu payes pour les autres ! Bon, je blague bien sûr, n’empêche ce DLC était loin d’être un cadeau et je me suis trainée pour le finir à petites doses pour éviter la surchauffe. Quel dommage de finir sur cette note amère, le jeu de base était une conclusion plus pertinente et réussie.
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